Il arrive parfois que les mots, même ordonnés de la meilleure des façons, ne parviennent pas à rendre une émotion dans ce qu’elle a de sauvage, de viscéral, quand elle fait remonter une exaltation primale du plus profond. Et cette impuissance à décrire une vibration jubilatoire est encore plus criante lorsque cette transe est portée par un mouvement collectif. Ainsi l’amplitude du succès toulousain, samedi 28 juin, n’a pas trouvé le superlatif qui lui correspond. Sans doute parce qu’il n’a pas encore été inventé. Ou alors faudrait-il placer nos plus belles formules dans l’Athanor, et laisser l’Alchimie du Verbe effectuer la transformation.

Que le coach Ugo Mola associe cette saison au recueil de poèmes d’Arthur Rimbaud publié à compte d’auteur pourrait nous aider à comprendre les méandres dans lesquels le Stade toulousain, touché par les disparitions et les blessures, est passé. Jusqu’aux Délires qui enflammèrent le ciel dionysien. N’importe quel autre club se ferait du Mauvais Sang à l’idée de perdre celui que les observateurs ovales considéraient il y a peu comme le meilleur joueur du monde, son capitaine, son perceur de défense le plus tranchant, et parfois son unique lumière, L’Eclair capable de déverrouiller en trois foulées une rencontre…

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