Il était venu pour deux ans. Il entame aujourd’hui sa sixième saison. À Fleurance (Nationale 2), Axel Ducellier est « tombé amoureux » du club, lui qui n’avait connu que deux équipes professionnelles avant ça : Soyaux-Angoulême et Dijon. L’arrière s’est longuement confié à It’s Rugby pour y évoquer les valeurs humaines de son club, sa personnalité de « mec stressé avant les matches » mais aussi sa passion pour la cuisine. Un entretien sans langue de bois, à ne surtout pas manquer.

IT’S RUGBY. – Axel, comment s’est passé ce week-end pour Fleurance ?
Axel Ducellier : Super bien. C’était le troisième match d’un bloc de trois matches. Nous avions réalisé un gros premier match à domicile, contre Peyrehorade. Ensuite, les gars sont allés accrocher Saint-Jean-de-Luz à l’extérieur. Nous avons malheureusement perdu mais nous avons quand même livré une bonne première période. Et là, nous recevions Nîmes, un gros de la poule. Nous avons fait un super match, qui s’est conclu par une belle victoire.

Fleurance, un club amateur « très humain »

Quel est le statut des joueurs à Fleurance ?
Nous travaillons tous à côté. Il n’y a pas de contrat professionnel. Nous sommes surtout une bande de potes. Il y a quand même eu pas mal de mouvements depuis que je suis là, c’est-à-dire depuis six ans. Ceux qui étaient là à mon arrivée ne sont plus très nombreux et commencent à vieillir (rire). Mais ceux qui arrivent ont le même état d’esprit que nous, les anciens. C’est un club très humain. Il y a des bénévoles omniprésents, qui font beaucoup pour nous. Nous avons aussi de super entraîneurs, eux aussi très axés sur l’humain. Tout le monde s’entend bien, même quand on joue au même poste. Il y a une concurrence très saine. On a tous forcément envie de jouer car nous sommes des compétiteurs mais c’est sain. Il y a une super ambiance.

Quand j'ai posé mes valises ici, je me suis dit : « Bon, où est-ce que j'ai atterri ? », parce que c'est quand même un peu perdu

Tu entames ta sixième année à Fleurance. Tu fais désormais partie des meubles… Est-ce une preuve de fidélité, voire d’amour pour ce club ?
Franchement, oui. J’étais arrivé à Fleurance en sortant de Dijon après un passage à Angoulême. Je n’avais pas beaucoup bougé. Quand j’ai posé mes valises ici, je me suis dit : « Bon, où est-ce que j’ai atterri ? », parce que c’est quand même un peu perdu (sourire). Je suis tombé amoureux de ce club. Là-bas, c’est magique. On sort de journées de boulot qui peuvent être éprouvantes. On peut être crevés et on peut avoir la flemme de s’entraîner. Mais au final, tu te dis : « Allez, tu vas passer un bon moment avec tes potes », même si nous sommes obligés d’être très sérieux. Tu sais que tu vas passer un bon moment. Les gens autour sont géniaux, le week-end, les supporters, les dirigeants… C’est top. C’est un club vraiment génial.

Les joueurs de Fleurance célèbrent une victoire dans le vestiaire en Nationale 2

De Dijon à Fleurance, la réussite du double projet

Ce projet est-il aussi tombé au bon moment ? À Dijon, cela avait été compliqué…
C’est ce que je cherchais. À Dijon, ça s’est terminé de manière difficile. J’avais joué en Nationale et en Pro D2, je ne comptais pas y revenir. J’avais tourné la page. C’est facile de prendre l’ascenseur vers le bas mais c’est très dur de le reprendre vers le haut. Donc, une fois que tu l’as accepté, tu regardes tes projets différemment. J’ai un père qui m’a beaucoup poussé à faire des études, à avoir un double projet. J’étais arrivé au moment où il fallait que ça se concrétise. Et Fleurance est arrivée au meilleur moment. Le club m’a proposé un job qui correspondait à mon cursus scolaire. Avec, en plus, un bon niveau de rugby.

Concilier les deux a-t-il pris du temps au départ ?
Ouf, oui ! La première année, j’en ai vraiment bavé. Le rythme était dur. La deuxième année, je me suis pas mal blessé. Quand tu n’es plus professionnel, avec un entraînement tous les jours et des muscles à entretenir, c’est à toi de te prendre en charge à 100 %. Je n’avais pas trop assimilé ça la première année. Forcément, les blessures sont vite arrivées derrière. À partir de là, j’ai eu un petit déclic. J’ai réussi à trouver du temps pour aller à la salle, pour mon travail et pour le rugby. Aujourd’hui c’est naturel et je m’y retrouve super bien.

Il te reste encore quelques années à jouer mais imagines-tu terminer ta carrière à Fleurance ?
Je ne sais pas. Il y a plein de choses dans la vie qui font que tu peux très bien partir à l’autre bout de la France. Je peux aussi rester. Beaucoup d’éléments entrent en compte. Après, si je devais citer le rêve ultime, ce serait de finir là où j’ai commencé le rugby, à Tours. Mais les aléas de la vie font que ça ne se prévoit pas trop. À la base, j’étais venu à Fleurance pour deux ans seulement. Au final, ça va bientôt faire six ans (rire). Pour l’instant, je me laisse porter.

Le niveau de Nationale 2 vu de l’intérieur

Comment juges-tu ce niveau de Nationale 2 ?
J’ai connu la Nationale, la Nationale 2, la Fédérale 1 et la Pro D2. Ce qui est bien en N2, avec autant de poules, c’est que le niveau est plus homogène. Par exemple, la première année où je suis arrivé à Fleurance, l’année de notre montée, ce n’était pas homogène du tout. Il y avait des matchs où tu pouvais mettre 60 points, et le week-end suivant, tu pouvais avoir du mal contre une équipe de ton niveau. Aujourd’hui, si tu regardes les classements en fin de saison, il faut très peu de points pour gagner deux ou trois places. À part les deux derniers, qui sont en général lâchés, il suffit de gagner un ou deux matchs pour se retrouver dans le top 5, et d’en perdre un pour se retrouver presque aux portes de la relégation. C’est beaucoup plus homogène, ce qui donne des matchs beaucoup plus intéressants. Il y a de l’enjeu tous les week-ends.

Et en termes de jeu, d’intensité, de physique ?
Oui, ça tape fort. C’est comme ça car il y a pas mal d’anciens professionnels qui finissent leur carrière dans ces divisions. Il y a aussi des joueurs passés par le monde professionnel, qui ne sont pas forcément en fin de carrière mais qui ont un double projet comme moi. Tu te retrouves parfois face à des équipes composées de très bons joueurs et des fois tu te demandes ce qu’ils font en Nationale 2. Le niveau est très bien. C’est rapide, costaud, c’est intéressant. Après, c’est sûr que dès que tu montes d’un niveau, tout s’accélère, physiquement comme dans le jeu.

On sait très bien que le club ne pourra pas monter financièrement et ce n'est pas un problème

Pour un club comme Fleurance, n’y a-t-il pas un dilemme entre monter, puisque c’est pour cela qu’on joue tous au rugby, et se stabiliser, en sachant que financièrement, cela risquerait de craquer à un moment donné ?
Le projet du club, c’est toujours de se placer le plus haut possible et de jouer les phases finales. Monter n’a jamais été l’idée du club. Mais faire les phases finales, aller le plus loin possible, bien sûr. On sait très bien que le club ne pourra pas monter financièrement et ce n’est pas un problème. Ce que nous voulons, ce sont les phases finales, être le mieux classé possible et régaler les gens qui viennent le week-end. Parce que si on fait du rugby, ce n’est pas pour jouer des matchs l’hiver, en décembre, sous la neige et lutter pour un maintien.

Axel Ducellier, arrière de Fleurance, dégage au pied lors d'un match de Nationale 2

Tu disais que l’objectif était d’aller le plus loin possible. J’imagine que, toi aussi, tu veux jouer le plus possible cette saison ?
Oui ! Le but, c’est de faire le plus de matches possible. Nous avons un super effectif, avec de très bons joueurs à tous les postes. Il y aura forcément des rotations. Je ne pourrai pas faire tous les matchs, ni comme titulaire ni comme remplaçant, mais l’objectif est de jouer le plus possible. Ça fait quand même six ans que je suis là et j’ai aussi envie de m’imposer un peu plus dans cette équipe. J’ai envie de pousser les autres, que tout le monde se pousse, et de faire partie de ceux qui tirent le groupe vers le haut.

Sur le terrain, « un gros stressé » qui aime râler

Sur le terrain, comment te définirais-tu ?
Sur le terrain, j’ai tendance à avoir un gros caractère. J’aime bien râler. Je veux toujours gagner, je n’aime pas perdre. J’ai tendance à râler et, parfois, ça peut être un peu pénible, même pour mes coéquipiers. Je l’admets (rire). Mais dans la vraie vie, je suis calme. Je ne suis pas aussi fou que sur un terrain.

As-tu une anecdote qui t’a marqué ?
Des anecdotes drôles, il y en a plein, je ne peux pas toutes les citer. Nous avions un entraîneur, à Fleurance, qui faisait des citations à chaque début de match. Ça a beaucoup fait rire mes coéquipiers, et ça m’a toujours marqué. Aujourd’hui, on les reprend encore parce que c’est extraordinaire. Il y avait celle de David contre Goliath, où il disait qu’aujourd’hui « nous allions être le caillou dans la chaussure de Goliath ». Il y avait plein de choses comme ça, très drôles. Si mes anciens coéquipiers lisent ça, ils vont rire… (sourire).

Les discours d’avant-match, est-ce que ça te transcende vraiment ?
J’ai un gros problème avec ça, je n’y arrive pas. Quand j’étais jeune, un seul gars avait réussi à me transcender. Il s’appelle Jordan Villate. C’était un match dans la catégorie Alamercery. C’est le seul qui, un jour, m’a vraiment marqué en parlant. Sinon, les discours, ce n’est pas trop pour moi. Je m’y perds. J’ai besoin d’être dans ma bulle.

Quelle est ta routine avant un match ?
Je suis déjà un gros stressé dans la vie et surtout avant un match. J’écoute de la musique. J’ai besoin de rigoler, d’extérioriser pour évacuer ce stress. Ça a toujours été mon truc. Mais je ne peux pas le faire avec tout le monde. Il y en a, si tu rigoles avec eux, c’est terminé, ils n’arrivent plus à se concentrer. L’un de mes meilleurs amis s’appelle Marius. Je jouais avec lui quand j’étais jeune. Nous fonctionnions pareil sur ce point. Nous avions besoin de rigoler, de faire les fous. Ce n’est pas pour éviter de se concentrer, c’est pour extérioriser cette boule au ventre qu’on peut avoir. Je sais que ça a pu embêter certains entraîneurs (sourire).

La cuisine, l’autre passion d’Axel Ducellier

En dehors du rugby, tu brilles aussi en cuisine… Est-ce quelque chose de nouveau ?
Non, j’ai ça depuis tout petit. Mon père n’a jamais été cuisinier mais il cuisine très, très bien. Je crois qu’il m’a transmis cette passion sans le vouloir. J’adore faire à manger pour du monde, ce qui peut paraître un peu bizarre, parce que quand je suis tout seul, j’ai la flemme de me préparer à manger (sourire). Et puis quand on aime bien manger, en général, on aime bien faire manger les autres.

@axelducellier # 🦆 MAGRET DE CANARD, SAUCE MIEL-BALSAMIQUE & FRITES CROUSTILLANTES 🍟 Le combo parfait pour un dîner de resto… à la maison ! Recette pour 2 personnes 👇 — ## 🛒 INGRÉDIENTS (2 pers.) 🦆 2 magrets de canard 🧅 1 oignon + 1 échalote 🍯 1 c. à soupe de miel 🖤 Vinaigre balsamique (une bonne rasade, environ 4 c. à soupe) 🧂 Gros sel, poivre noir & poivre blanc 🥔 Pommes de terre pour les frites — ## 👨‍🍳 LA RECETTE **1️⃣ L'assaisonnement** Pile au mortier du gros sel, du poivre noir et du poivre blanc. Quadrille le gras des magrets au couteau, puis masse-les avec ce mélange. ✨ **2️⃣ Les frites au air fryer** 🍟 Rince et sèche bien tes frites, puis direction l'air fryer : **200 °C pendant 18-20 min**, en secouant le panier à mi-cuisson. Résultat : croustillantes dehors, fondantes dedans ! **3️⃣ La cuisson du magret** 🔥 ⚠️ LE secret : démarre à la poêle FROIDE, côté peau, puis allume le feu. ▶️ 6-7 min côté peau (vide le gras au fur et à mesure et garde-le, c'est de l'or ! 🏆) ▶️ 6 min côté chair Ensuite, enroule les magrets dans du papier alu et laisse reposer **5 min**. La viande sera ultra tendre et rosée. 🤤 **4️⃣ La sauce miel-balsamique** 🍯 Dans la même poêle (avec les sucs du canard !), fais revenir l'oignon et l'échalote émincés. Déglace avec le vinaigre balsamique, ajoute la cuillère de miel et laisse réduire jusqu'à une sauce sirupeuse. **5️⃣ Le dressage** 🍽️ Tranche le magret, nappe de sauce, ajoute les frites… et régale-toi ! — 💬 Dis-moi en commentaire si tu testes la recette ! 💾 Enregistre ce post pour ton prochain dîner 👉 Abonne-toi pour plus de recettes maison #magretdecanard #recettefacile #airfryer #frites #faitmaison ♬ son original – Axel Ducellier

Si je suis cette logique, tu préfères faire marquer plutôt que marquer
Exactement ! (sourire)

Dans la cuisine, toi qui es sur Instagram et TikTok, sens-tu qu’il y a quelque chose à développer ?
Je ne sais pas. Je ne cherche pas ça pour l’influence ni pour la hype. On m’a souvent dit : « Vas-y, fais des vidéos », parce que je mettais des photos de mes recettes. Un jour, je me suis dit : « Allez, je me lance. » Dès la première, ça a hyper bien marché. Je me suis dit que c’était cool. Les gens apprécient donc pourquoi pas continuer. Après, je ne sais pas comment ça peut évoluer, je ne prévois pas ça. Je ne le fais pas dans le but de percer ou de chercher de la notoriété. C’est vraiment pour le plaisir.