Une entame ratée arrive à tout le monde. Celle-ci n’a aucun précédent en vingt-trois saisons, et les deux prochains samedis diront si elle reste une entame ou devient une saison.
Après deux journées : 112 points encaissés
Le Racing 92 a encaissé 64 points à Bordeaux-Bègles, puis 48 contre le LOU, soit 112 sur ses deux premières journées. Nous avons calculé le même total pour chaque club de chaque saison depuis la création du Top 14 en 2005, ce qui représente 306 débuts de saison, et aucun n’approche ce chiffre. Le précédent record appartenait à La Rochelle, promue en 2014-2015, avec 97 points, et le Racing le dépasse de quinze unités.
L’attaque ne compense rien, au contraire : avec 36 points marqués, le club signe aussi sa plus faible entame offensive des douze dernières saisons.
Les pires débuts de l’histoire du Top 14
| Encaissés | Marqués | Club | Saison | |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 112 | 36 | Racing 92 | 2026-2027 |
| 2 | 97 | 34 | La Rochelle | 2014-2015 |
| 3 | 96 | 55 | Bayonne | 2026-2027 |
| 4 | 90 | 48 | Agen | 2018-2019 |
| 5 | 80 | 25 | Pau | 2005-2006 |
| 6 | 77 | 60 | Stade Français | 2024-2025 |
| 7 | 77 | 49 | Vannes | 2024-2025 |
| 8 | 76 | 39 | Grenoble | 2016-2017 |
Le tableau contient une curiosité : Bayonne y figure au troisième rang, cette saison également, après sa défaite 70-28 à Pau. Deux des trois pires départs de l’histoire du championnat appartiennent donc au même exercice, celui qui vient de commencer.
Reste la question qui suit toujours ce genre de record. Une entame pareille se rattrape-t-elle ? Voici la position finale des sept clubs qui précèdent le Racing, plus les deux suivants.
| Club | Saison | Encaissés au départ | Position finale |
|---|---|---|---|
| La Rochelle | 2014-2015 | 97 | 9e sur 14 |
| Agen | 2018-2019 | 90 | 12e sur 14 |
| Pau | 2005-2006 | 80 | 13e sur 14 |
| Stade Français | 2024-2025 | 77 | 12e sur 14 |
| Vannes | 2024-2025 | 77 | 14e sur 14 |
| Grenoble | 2016-2017 | 76 | 13e sur 14 |
| Stade Français | 2021-2022 | 73 | 11e sur 14 |
| Mont-de-Marsan | 2012-2013 | 72 | 14e sur 14 |
Sept de ces huit clubs ont terminé onzièmes ou moins bien, et deux ont fini derniers, Vannes en 2024-2025 et Mont-de-Marsan en 2012-2013, ce dernier avec deux victoires en vingt-six journées. L’unique exception est La Rochelle, promue cette saison-là, neuvième en fin de parcours. Aucun des huit n’a disputé la phase finale.
Après trois journées : ce qui se joue ce samedi
Le Racing se déplace à Marcel-Deflandre, chez un Stade Rochelais qui a gagné ses deux premiers matchs. Une défaite le ferait entrer dans une autre statistique, moins définitive que la première : trente-cinq clubs ont perdu leurs trois premiers matchs de Top 14 depuis 2005, et quatre d’entre eux ont tout de même disputé la phase finale. Le meilleur classement de ce groupe est une quatrième place, aucun n’a terminé dans les deux premiers, mais deux exemples récents rappellent que rien n’est joué. La Rochelle avait commencé la saison 2021-2022 par trois défaites avant de finir à 71 points, et Montpellier avait fait de même en 2020-2021 pour terminer à 54.
Autrement dit, un zéro sur trois divise par trois les chances d’atteindre le top 6, sans les supprimer. C’est le dernier palier où la saison reste réparable.
Le terrain du jour n’aide pas. Sur ses onze derniers déplacements à Deflandre en Top 14, le Racing a gagné une seule fois, en février 2025, pour un match nul en décembre 2016 et neuf défaites. Cinq fois sur ces onze visites, il a marqué six points ou moins, dont un 19-0 en mars 2022 et un 33-6 en novembre dernier, lors de sa dernière venue.
Après quatre journées : le rendez-vous avec Bayonne
Le calendrier place ensuite le Racing devant Bayonne, à domicile, le 26 septembre. Dix-neuf clubs ont perdu leurs quatre premiers matchs depuis 2005, et deux seulement ont atteint la phase finale, Brive en 2008-2009 et Montpellier en 2011-2012. Onze des dix-neuf ont terminé treizièmes ou derniers.
Ce match a une saveur particulière, puisqu’il oppose les deux pires entames défensives de la saison. L’un des deux clubs y prendra sa première victoire, et l’autre basculera dans la catégorie dont on ne revient presque jamais.
Le record aurait pu être plus lourd
Une nuance mérite d’être apportée, parce qu’elle change l’ampleur du chiffre. Le Racing a été aidé par les buteurs adverses : l’Union Bordeaux-Bègles a manqué trois transformations sur ses dix essais, le LOU quatre sur ses huit, soit sept tentatives ratées et quatorze points qui ne figurent pas au compteur.
Avec des adversaires au taux de réussite habituel du championnat, le total grimpait à 126 points et la différence tombait à moins 90. Le record de La Rochelle aurait alors été battu de vingt-neuf unités, et non de quinze. Le Racing, lui, n’a rien laissé au pied contre le LOU, quatre transformations sur quatre.
Et pas vraiment de terrain
Le contexte n’arrange rien. La réception du LOU s’est jouée au stade Dominique-Duvauchelle de Créteil, l’enceinte habituelle étant occupée, et le club recevra Montpellier au Mans le 24 octobre. Le retour à Colombes n’est pas attendu avant le mois de mai.
En additionnant la demi-finale perdue 71-17 contre Toulouse le 19 juin, les dix essais encaissés contre l’UBB et les huit contre le LOU, le Racing en a concédé vingt-huit en trois rencontres. La saison ne fait que commencer, mais la série, elle, a déjà neuf mois.






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