Créée en avril 2025, l’Association Rugby Féminin 72 compte 26 licenciées, toutes joueuses. Sa présidente, Mathilde Moccand, 25 ans, est l’une d’elles. Faute de terrain homologué au Mans, le club reçoit à La Flèche.

Au Mans, le rugby féminin a repris sous la forme d’un club à part entière. L’Association Rugby Féminin 72 a été créée en avril 2025 et validée par la Fédération française de rugby en octobre de la même année. Son bureau est composé de joueuses, sa présidente aussi : Mathilde Moccand, 25 ans, dont onze passés sur les terrains. Faute de terrain homologué pour la compétition au Mans, le club dispute ses matchs à domicile à La Flèche, à trois quarts d’heure de route. Entretien.

Nom, prénom, âge, qualités ?

Mathilde Moccand, 25 ans, des qualités, j’en ai beaucoup (rires, NDLR), mais présidente du club de l’Association Rugby Féminin 72.

Date de la création du club ?

C’était en avril 2025 et il a été validé à la FFR en octobre 2025. Donc en fait on va souffler notre première bougie. On compte 26 licenciées à date, que des joueuses. On continue de recruter et quasiment toutes nos licences sont finalisées.

« Je faisais trop de fautes au basket »

Comment êtes-vous arrivée au rugby ?

Mes deux parents ont fait du rugby, mon grand-père aussi. C’est à 14 ans, parce que mes cousins jouaient aussi, que j’ai commencé. J’ai été entraînée par mon parrain, qui m’entraîne toujours aujourd’hui. J’ai dit « pourquoi pas ». Je suis dans une famille de rugbymen et de rugbywomen. Je faisais du basket en même temps, il fallait faire un choix, et comme je faisais trop de fautes au basket… J’ai choisi le rugby. J’ai fait des pauses à cause de blessures, mais ça fait 11 ans que je joue au rugby.

À trois quarts d’heure de route pour jouer à domicile

Au niveau des infrastructures, où en êtes-vous ?

La ville nous a mis à disposition un terrain avec des poteaux de rugby pour nous entraîner, mais il n’est pas homologué pour la compétition. Pour les compétitions, on est obligées d’aller jouer à trois quarts d’heure du Mans, à La Flèche. C’est notre terrain de compétition déclaré officiellement. C’est vraiment du volontarisme, il faut vraiment avoir envie de jouer.

Avant, avec les filles avec qui je joue encore aujourd’hui, on a été championnes Grand Ouest deux années de suite. On avait fait aussi deux saisons à 10 en étant invaincues, championnes à la fin de la saison. S’arrêter sur de bonnes notes comme ça, ça a frustré tout le monde : on a fait une saison à ne rien faire. Quand j’ai lancé l’idée, on s’est dit « pourquoi pas ? » et on a vu tout ce qu’on avait à faire pour construire ce club. Et on l’a fait. Les membres du bureau de l’association sont des joueuses.

Des boudins de plaquage dans le coffre

Question ouverte pour terminer : vous avez un message à faire passer ?

Nous, ce qu’on veut, c’est faire parler de nous, mais ça passera par nos résultats. Aujourd’hui, ce dont on a besoin, ce sont de vraies infrastructures. Je me balade avec des sacs de plaquage dans ma voiture, ça prend un peu de place, ces gros boudins de plaquage ! On n’a pas de local pour stocker, on est obligées de faire trois quarts d’heure de route. Heureusement, il y a des gens qui nous aiment et qui sont motivés, mais il nous faut de la visibilité et on cherche encore des sponsors pour nous suivre sur la saison.

On joue contre Brest, Angers, Saint-Brieuc, Fougères, Caen… Nous, ce qu’on cherche, c’est de s’amuser entre copines. C’est ce qui fait la force de notre groupe aujourd’hui.

Chiffres à retenir

26 licenciées, toutes joueuses, à l’Association Rugby Féminin 72

avril 2025 la création du club, validé par la FFR en octobre 2025

45 min de route jusqu’à La Flèche, où le club reçoit faute de terrain homologué au Mans

11 ans de rugby pour Mathilde Moccand, 25 ans, joueuse et présidente

2 titres de championnes Grand Ouest d’affilée avec ses coéquipières, avant la création du club