Le guide Label Stades 2023-2028, le document qui sert à noter les stades professionnels, consacre quatre critères aux toilettes du public et deux autres à leur entretien. Rien n’y est laissé à l’appréciation du club, pas même le distributeur de savon. La LNR est très précise dans ses textes : « les points sont acquis si chaque bloc sanitaire est équipé en savon et de sèche-mains », pose le critère « Sanitaires Hommes ». Et les toilettes « turques », ajoute-t-il, « ne sont pas comptabilisées ».
Un label à points, par-dessus la qualification FFR
Le cahier des charges d’évaluation du Label Stades LNR comporte plusieurs niveaux, bronze, argent et or, et fonctionne avec un système de points. La LNR indique elle-même que ce label est complémentaire à la procédure de qualification FFR, qui fixe les conditions minimales d’accueil d’un match professionnel. Trois corpus se superposent donc :
- les exigences réglementaires minimales permettant au stade d’être qualifié pour le rugby professionnel ;
- les critères du Label Stades LNR, qui servent à évaluer et améliorer la qualité du stade ;
- les obligations légales françaises, notamment en matière d’accessibilité des personnes handicapées, d’hygiène, de sécurité et d’établissements recevant du public.
Une astreinte de nettoyage le jour du match
La LNR prévoit également un critère spécifique concernant l’entretien des sanitaires pendant les matchs. Le niveau recommandé prévoit une astreinte de nettoyage pour les sanitaires du stade, avec une présence effective le jour du match : la justification doit notamment permettre de démontrer qu’une prestation de nettoyage est prévue pendant l’événement.
Pour la LNR, la propreté doit être assurée « dès l’ouverture jusqu’à la fermeture du stade », notamment parce que les sanitaires sont fortement sollicités à la mi-temps.
Les prérequis et les préconisations de la LNR
| Public | Niveau basique | Niveau recommandé |
|---|---|---|
| Hommes | 6 à 10 toilettes ou urinoirs + 3 lavabos / 1 000 hommes | Plus de 10 toilettes ou urinoirs + 5 lavabos / 1 000 hommes |
| Femmes | 8 à 10 WC + 4 lavabos / 1 000 femmes | Plus de 10 WC + 5 lavabos / 1 000 femmes |
| PMR | 1 WC pour 30 PMR | 1 WC pour 15 PMR |
| Enfants | 1 WC par bloc sanitaire | 1 WC par bloc sanitaire |
Ces ratios ne s’appliquent pas à la jauge, mais à des effectifs : « pour 1 000 hommes », « pour 1 000 femmes ». Encore faut-il savoir combien de femmes et combien d’hommes remplissent le stade. Personne ne les compte à l’entrée, et la LNR ne le demande pas : elle fixe la clé. « La répartition des publics s’évalue ainsi : 77 % hommes, 23 % femmes », écrit-elle, en la rattachant, au critère des sanitaires VIP, à une étude de satisfaction des spectateurs du rugby en France réalisée par Kantar en 2010. Deux lignes plus haut, le critère des sanitaires hommes écrit, lui, 75 % et 25 %. Sur un stade de 20 000 places, la première clé compte 4 600 femmes, la seconde 5 000, et trois WC d’écart au niveau basique.
Une comparaison manque enfin au tableau, celle des tribunes entre elles. Les sanitaires VIP sont calibrés à « 3 WC et 2 lavabos pour 200 hommes, 3 WC, 2 lavabos pour 200 femmes », soit 15 WC et 10 lavabos pour 1 000 invités. En tribune populaire, le niveau recommandé s’arrête à 5 lavabos pour 1 000 spectateurs.
Le 19 novembre, une journée mondiale, et un thème qui parle aux tribunes
Ces ratios paraissent anecdotiques dans un stade. Ils ne le sont pas à l’échelle de la planète : le 19 novembre, les Nations unies célèbrent depuis 2013 la Journée mondiale des toilettes, consacrée à l’assainissement. L’ONU rappelle que 3,4 milliards de personnes vivent sans accès à des installations sanitaires sûres, selon les données OMS/UNICEF de 2025.
L’édition 2026 est consacrée à la relation entre l’assainissement et l’égalité des genres, sous le slogan « Toilettes sûres : pour un avenir équitable ». Le message des Nations unies est que l’accès à des toilettes sûres protège la santé, la sécurité et la dignité des femmes et des filles, et conditionne leur accès à l’école, au travail et à la vie sociale. Ramené à une tribune, c’est exactement ce que dit la deuxième ligne du tableau de la LNR.
Ce qui vient du foot : les protections hygiéniques gratuites au Parc des Princes
Compter les WC et les lavabos fixe un socle. Ce que les clubs choisissent d’installer ensuite dans leurs sanitaires leur appartient, et le football montre jusqu’où l’exercice peut aller. Le 4 septembre, lors de la réception de l’AS Monaco par le Paris Saint-Germain, des supportrices ont découvert de nouveaux distributeurs dans les toilettes réservées aux femmes au Parc des Princes : les protections hygiéniques y sont désormais gratuites, rapporte le média Ancré.
Le post Instagram montrant les distributeurs du Parc des Princes
L’initiative permet aux spectatrices d’accéder à ces produits directement dans l’enceinte, sans avoir à anticiper ni à quitter les tribunes en cas de besoin. Le club parisien entend ainsi améliorer l’accueil et le confort de son public féminin. Une idée que le cahier des charges du rugby professionnel n’a pas à trancher, mais que rien n’empêche un stade de Top 14 de reprendre d’ici au 19 novembre.
Chiffres à retenir
23 % la part de femmes que la LNR retient pour calculer leurs toilettes, clé issue d’une étude de 2010
37 à 46 WC femmes exigés au niveau basique dans un stade de 20 000 places
2 fois plus de lavabos par personne en tribune VIP qu’en tribune populaire au niveau recommandé
19 novembre la Journée mondiale des toilettes, consacrée en 2026 à l’égalité des genres
3,4 milliards de personnes sans accès à des installations sanitaires sûres dans le monde (OMS/UNICEF, 2025)






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