Sept matchs, sept victoires : Massy est en tête de la Nationale après son succès à Vienne (14-20) samedi 10 octobre, et reçoit Albi le samedi 17 octobre. L’un de ses deux entraîneurs, Djamel Ouchene, revient sur son parcours. Entretien.

Le bilan massicois tient en sept succès, dont quatre à l’extérieur (Périgueux, Suresnes, Carcassonne, Vienne). Le plus serré date du 12 septembre, 31-29 contre Orléans ; le plus large, 42-19 à Suresnes, avec le bonus offensif. En tout, 194 points marqués pour 129 encaissés. Sur le banc, Djamel Ouchene, 38 ans, ancien joueur de Montauban, Libourne, Bergerac et Périgueux, deux sélections avec l’Algérie, entraîne depuis à peine plus de deux saisons.

« Je n’avais pas 20 ans, j’entraînais déjà »

J’imagine que le changement de carrière, passer de joueur à entraîneur, a dû être une belle secousse, même si ça ne vient pas de nulle part ?

J’ai toujours adoré ça : transmettre, échanger, parfois aussi débattre, mais surtout la compétition. Ce qui m’intéresse vraiment, c’est la compétition et la performance, et je l’ai connu pendant plusieurs années en tant que joueur. Très jeune, je n’avais pas 20 ans, j’entraînais déjà les catégories jeunes dans lesquelles je passais. Puis c’est monté crescendo au fil des années, non pas par nécessité de prévoir l’après-carrière, mais par passion et par envie.

Ça s’est vraiment accéléré avec le passage de mes diplômes, et avec les responsabilités qui m’ont fait acquérir de la rigueur lors de mes quatre dernières années de joueur. J’étais responsable sportif de l’association, directeur du centre de formation, et j’intervenais sur les catégories jeunes, jusqu’aux Espoirs. Je voulais valider et finir mes diplômes en même temps que mon aventure de joueur, pour être prêt et disponible à entraîner dès l’arrêt de ma carrière.

Vous étiez plutôt un joueur qui demandait à son entraîneur comment ou pourquoi ?

En tant que joueur, j’étais plutôt bon public. J’aimais tellement être sur le terrain. On était une bande de potes à Périgueux, on arrivait très tôt sur le terrain et on restait longtemps dans le vestiaire à discuter. Ce sont de vrais moments de vie. J’aimais beaucoup échanger avec les entraîneurs, notamment sur la stratégie, sur la façon de s’entraîner et de jouer, mais je restais toujours à ma place, parce que je suis d’avis que le joueur doit jouer et que l’entraîneur doit entraîner. Ces moments avec les copains étaient tellement précieux que je me laissais porter par ce qui était proposé. Je ne pensais qu’à prendre du plaisir à l’entraînement.

Carte blanche sur le jeu

Massy a une réputation solide et justifiée de grand club formateur : Millo-Chluski, Lamboley, Bastareaud, Cancoriet, Camara, Macalou… Ça pèse un peu sur vos épaules d’entraîneur ?

Non, ça s’est fait hyper naturellement. Quand je passe mon DES en 2024, je suis dans la même promotion que Benoît Denoyelle, avec qui je partage la partie sportive dans notre staff à Massy. En décembre 2023, il m’appelle et me dit que ça va bouger à Massy : le club cherche un entraîneur de l’attaque, des trois-quarts. Est-ce que ça peut m’intéresser ? Plusieurs critères m’ont plu.

Le premier, c’est un club axé sur la formation. Étant moi-même issu de la formation, ça me parlait beaucoup. Le deuxième, c’est que le club était historiquement une équipe portée vers le jeu et l’offensive. Je suis arrivé dans un club où la culture était un jeu simple et strict. Le troisième, c’est que sur l’attaque, sur le projet offensif et sportif, j’ai eu carte blanche. Avec Benoît, on est vraiment les patrons du sportif.

Je venais juste d’arrêter de jouer. Un projet avec l’équipe première, en Nationale, dans un club formateur, porté sur le jeu, avec carte blanche sur le jeu : je n’avais aucune raison de ne pas m’y projeter rapidement. Et j’en suis très content.

« Tout le monde va vers le Sud, et vous, vous êtes remonté »

Et la vie en région parisienne, comment ça se passe ?

C’est une grande découverte, et une énorme surprise. On me disait : « Mais qu’est-ce que tu vas faire en Île-de-France ? » Il y a les tours, les quartiers… Même quand j’entre dans un magasin ou à la boulangerie, on me dit : « Vous n’êtes pas d’ici, vous avez un accent, vous êtes du Sud, qu’est-ce que vous êtes venu faire là ? Tout le monde fait le trajet inverse, tout le monde va vers le Sud, et vous, vous êtes remonté. » Je réponds que j’ai un métier qui me passionne et que je me régale ici.

Ce qui est génial, c’est que là où j’habite, je suis à dix minutes du stade. À 17 heures, on entend les oiseaux dans mon jardin. Je suis à vingt minutes de la tour Eiffel, je peux aller me promener le mercredi après-midi avec mon fils. Je fais cinq minutes de vélo et je suis dans les bois. C’est pas mal, l’Essonne. C’est génial.

Chiffres à retenir

7/7 Victoires de Massy en sept journées de Nationale, seul club invaincu

4 Succès à l'extérieur : Périgueux, Suresnes, Carcassonne et Vienne

+65 Différence de points des Massicois (194 marqués, 129 encaissés)

31-29 Le succès le plus serré, contre Orléans le 12 septembre